Emilie Terlinden & Isabelle Bonté
Les artistes présentées Emilie Terlinden Une vision du travail présenté lors de l’exposition Des toiles peintes à l’huile rassemblent vivants et nature et racontent des mondes particuliers, empreints de symbolisme et de questionnement. Dans des plans en perspective profonde, se massent des personnages au regard empli d'incertitude, figés dans la trame du temps et de la société, dans l'évanescence de leur vie ; ils semblent scruter l'invisible. Les arbres et les plantes luxuriantes qui les environnent, leur confèrent une humanité profonde et souligne le lien unique qui lie l'être à la nature. Qu'est l'homme face à lui-même ? Que perçoit-il réellement de ce qui l'entoure ? Comment ses pensées, ses souvenirs et ceux des autres se muent-ils en images dans son esprit ? L'artiste, dans son travail, fait référence à l'inconscient, aux parties cachées d'une réalité invisible à l'oeil mais tangible pour l'esprit. Des images atemporelles. Un chemin de réflexion sur l'humain, sa condition et sa nature. Biographie Peintre belge née à Bruxelles en 1983, Emilie Terlinden commence des études d’arts plastiques en 1998, diplômée en 2001, elle réside ensuite en Angleterre et en Hollande. Elle suit des cours du soir de peinture à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles pendant plusieurs années et travaille parallèlement dans son atelier. Elle commence à exposer son travail en 2008 à Saint-Gilles, depuis elle participe à différentes expositions collectives et foires d’art contemporain comme l’Affordable Art Fair où elle expose pour la galerie BEGRAMOFF. En 2011- 2012, elle participe à Berlin à deux expositions qui rassemblent une vingtaine d’artistes internationaux dans les anciens locaux de la STASI. En octobre 2012 elle expose en tant que jeune talent pour la galerie sans nom avec 15 autres artistes de renom. Isabelle Bonté Une vision du travail présenté lors de l’exposition L’effacement saisissant Que nous reste-t-il du passé, des gens croisés ? À peine un geste, une pose, un regard ; c’est ce que semble nous dire Isabelle Bonté. Ses tableaux, dont la palette chromatique est réduite au strict minimum, par l’emploi de la paraffine, nous montrent des êtres humains que l’on distingue plutôt qu’on ne les voit. Effacer un visage relève d’un parti pris tranché: l’artiste choisit de suggérer plutôt que représenter. Comme si le jeu ici était de savoir qui du mystère insaisissable de l’être ou des mécanismes très pratiques de la posture importait le plus dans la construction d’une personnalité. En effet, la façon dont Isabelle Bonté, déconstruit le portrait n’est pas un effacement du sujet. Bien au contraire, tout dans la construction de ces êtres est saisissant. Ces tableaux nous interrogent. Ils semblent explorer le sensible : leur sujet, comme perdu dans les limbes de la mémoire, erre sur un fond sans bornes, entre assurance, sensualité et désespoir. L’artiste plonge le spectateur dans une réflexion sur l’enveloppe, ce qui nous entoure, les murs des villes, la peau des choses, l’écorce des êtres. En organisant des manques, des vides dans les représentations, elle pousse le spectateur à réinventer les corps dont il ne reste que des fragments, des souffles, des textes, des postures, des signes organiques. Ainsi la rencontre avec son matériau de prédilection fait sens. Paraffine vient du latin parum affinis, « qui a peu d'affinité ». Ces deux mots, -paraffine / affinité-, procèdent de la même essence formelle, on retrouve dans le matériau ce qui marque le lien, la combinaison potentielle. Donc travailler avec la paraffine c’est travailler sur ce qui sépare et unit. Travailler avec la paraffine, c’est jouer avec les notions de frontière, le voile et la vue. Travailler avec la paraffine c’est créer une deuxième peau, étanche. " La peau est aux avant-postes du sujet "(Michel Serres) Biographie Après des études de Mathématiques (ParisVI/Jussieu - Licence) et de Philosophie (Paris1/Sorbonne - DEA de M.Revault d’Allones - 1988), Isabelle Bonté s’engage dans des études d’Art à l’ENSBA-Paris de 1995 à 1997. A la suite de ces études, son parcours de plasticienne démarre. Depuis 2000 Isabelle Bonté présente ses œuvres lors de nombreuses expositions à Paris, en province et à l’étranger tant au sein de galeries que dans le cadre d’espaces publiques. A Bruxelles elle est représentée par la galerie BEGRAMOFF En 2005, elle fonde l’association Dédal(l)e, pour placer le lieu de fabrication de l’art au cœur de la cité, en rapport direct avec le citoyen. La rencontre avec la parole des habitants du quartier des Olympiades à Paris XIIè fait alors naître l'image de son «embarcadère», présenté dans le cadre de la « Nuit Blanche 2006 » à Paris. Ce travail se poursuit dans le cadre du Nouvel An Chinois, avec un « Chantier de Pensée Publique ». Pour la « Nuit Blanche 2007 », toujours à Paris, Isabelle Bonté présente une œuvre multimédia, qui lie l’interrogation de l’ «exister ensemble» avec un espace architectural particulier. Sur commande, elle crée des sculptures monumentales pour l’espace public (Lille, Marcq en Baroeuil, Bussy St Georges, Colombes, Pantin). Isabelle bonté pratique la sculpture en tant que processus. Voilà pourquoi ses œuvres (plutôt qualifiées d’installation) n’apparaissent pas comme des objets achevés, clos et définitifs. A travers ses installations, il s’agit surtout d’exprimer un mode de pensée où l’œuvre est déterminée par son potentiel de mise en action au sein de l’espace, de tout ce qui est présent ; le visible comme l’invisible. L’œuvre se veut interrelation, présence à l’événement vécu en une co-présence. Le processus de création est alors avant tout relation au monde qui l’entoure.